Vatican II : Magistère infaillible extraordinaire ou ordinaire ?

Publié le par clovis

Suite de Vatican II invalide : Introduction


    Afin de nier l’infaillibilité de Vatican II, certaines per­sonnes se retranchent derrière la fameuse déclaration que fit Montini le 12 janvier 1966: « Étant donné le caractère pastoral du concile, celui-ci a évité de proclamer selon le mode «extraordinaire» des dogmes affectés de la note d’infaillibilité ». Voilà qui semble donner raison aux opposants de l’infaillibilité de Vatican. Or cette phrase a été tronquée. Ne nous contentons pas du texte amputé du discours de Montini, mais lisons-en également la suite, rapportée dans l’Osservatore romano du 13 janvier 1966: « Étant donné le caractère pastoral du concile, celui-ci a évité de proclamer selon le mode «extraordinaire» des dogmes affectés de la note d’infaillibilité. Ce­pendant, le concile a attribué à ses enseignements l’autorité du magistère suprême ordinaire ». Montini assimila donc Vatican II au magistère ordinaire. Or, comme l’enseigne Vatican I (Dei Filius, ch. 3), le magistère ordinaire est, lui aussi, toujours infaillible. [lire : Arguments : Un pape ne peut pas enseigner une erreur]


    À vrai dire, cette déclaration de Montini est assez étrange: il classe un concile (ou plutôt: « conciliabule »!) dans la ru­brique « magistère ordinaire », commettant ainsi une erreur de classi­fication grossière. Car, par définition, tout concile, et à plus forte raison un concile général, fait toujours partie du magistère extraor­dinaire. Quoi qu’en dise Montini, Vatican II fait partie du magistère extraordinaire, et non du magistère ordinaire. Et on pourrait invo­quer, à l’appui de cette assertion, une phrase de Wojtyla: « Le deuxième concile du Vatican a rappelé SOLENNELLEMENT que le droit à la liberté religieuse est sacré pour tous les hommes » (allocution du 22 décembre 1979). On pourrait encore se référer à son motu proprio Ecclesia Dei du 2 juillet 1988, qui assimile Vati­can Il au magistère extraordinaire, puisqu’il le place parmi les conciles œcuméniques (qui relèvent, par définition, du magistère extraordinaire): « Le résultat auquel a abouti le mouvement promu par Mgr Lefebvre peut et doit être une occasion pour tous les fidèles catholiques de réfléchir sincèrement sur leur propre fidélité à la Tradition de l’Église, authentiquement interprétée par le magistère ecclésiastique, ordinaire et extraordinaire, spécialement dans les conciles œcuméniques, depuis Nicée jusqu’à Vatican II ».

    Alors? Extraordinaire ou ordinaire? À notre avis: extraordinaire. Mais en vérité, peu importe le mode, car qu’il soit ordinaire ou extraordinaire, le magistère doit être considéré comme étant infaillible, selon les paroles de Pie XII: « Dès que se fait en­tendre la voix du magistère de l’Église, tant ordinaire qu’extraordinaire, recueillez-la, cette voix, d’une oreille attentive et d’un esprit docile » (Pie XII aux membres de l’Angelicum, 14 janvier 1958). Ou encore Léon XIII: « Toutes les fois donc que la parole de ce magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l’ensemble de la doctrine divinement révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai » (Léon XIII: encyclique Satis cognitum, 29 juin 1896).

    À la fin de Dignitatis humanae, Montini approuva tout le texte, faisant jouer son autorité suprême de (soi-disant) Vicaire du Christ: « Tout l’ensemble et chacun des points qui ont été édictés dans cette déclaration ont plu aux Pères. Et nous, par le pouvoir apostolique à nous confié par le Christ, en union avec les vénéra­bles Pères, nous les approuvons dans l’Esprit Saint, les décrétons, les établissons et nous ordonnons que ce qui a été établi en concile soit promulgué pour la gloire de Dieu. Rome, à St. Pierre, le 7 dé­cembre 1965. Moi, Paul, évêque de l’Église catholique ».

    D’après Vatican II, la liberté des cultes fait donc partie de la foi catholique, parce qu’elle est contenue dans l’Évangile. Le nier, ce serait, selon les propres termes de Montini cités ci-dessus, aller contre le verdict du Saint-Esprit, qui a parlé par l’organe d’un concile œcuménique infaillible.

    Wojtyla de son côté approuva le Catéchisme de l’Église catholique (Paris 1992), où on peut lire au n° 891: « «L’infaillibilité promise à l’Église réside aussi dans le corps des évêques quand il exerce son magistère suprême en union avec le successeur de Pierre» (constitution dogmatique Lumen gentium, § 25; cf. Vatican 1), surtout dans un concile œcuménique. Lorsque, par son magis­tère suprême, l’Église propose quelque chose «à croire comme étant révélé par Dieu» (constitution dogmatique Dei Verbum, § 10) et comme enseignement du Christ, «il faut adhérer dans l’obéissance de la foi à de telles définitions» (Lumen gentium, § 25) ». Si l’on compare les termes de ce catéchisme avec ceux de Dignitatis huma­nae, il ressort que Vatican II remplit les conditions de l’infaillibilité: « Révélé par Dieu » (C.E.C.) = « racines dans la Révélation divine » (D.H.); « enseignement du Christ » (C.E.c.) = « doctrine reçue du Christ » (D.H.).

    Par ailleurs, le caractère « pastoral » de Vatican II n’enlève en rien son infaillibilité, bien au contraire: « La charge pas­torale du magistère est ainsi ordonnée à veiller à ce que le peuple de Dieu demeure dans la vérité qui libère. Pour accomplir ce service, le Christ a doté les pasteurs du charisme de l’infaillibilité en matière de foi et de mœurs » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 890).