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22 articles avec reponse a certaines objections

Paul VI a-t-il promulgué illégalement le Novus Ordo ?

Publié le par Clément LECUYER

  La Fraternité Saint Pie X et un mythe populaire traditionaliste

 

Abbé Cekada  La plupart des catholiques qui abandonnent la Nouvelle Messe le font parce qu'ils la trouvent mauvaise, irrévérente ou non-catholique.

 Instinctivement, cependant, le catholique sait que l’Église du Christ ne peut pas nous donner quelque chose de mal, puisque l'Église nous conduirait alors en enfer, plutôt qu'au ciel.

 Les théologiens catholiques, en effet, enseignent que les lois disciplinaires universelles de l’Église, y compris les lois régissant la liturgie sacrée, sont infaillibles. En voici une explication classique, donnée par le théologien Herrmann :

« L'Église est infaillible dans sa discipline générale. Par le terme discipline générale, on entend les lois et les pratiques qui appartiennent à l'ordre externe de toute l’Église. Telles sont les choses qui concernent soit le culte externe, comme la liturgie et les rubriques, ou l'administration des sacrements…

« Si elle [l'Église] pouvait prescrire, commander ou tolérer dans sa discipline quelque chose contre la foi et les mœurs, ou quelque chose qui tendrait au détriment de l’Église ou au préjudice des fidèles, elle se détournerait de sa mission divine, ce qui est impossible. »

 Tôt ou tard, donc, les catholiques font face à un dilemme : La Nouvelle Messe est mauvaise, mais ceux qui nous l'ont prescrite (Paul VI, et al.) possédaient apparemment l'autorité même du Christ. Que doit-on faire ? Accepter le mal à cause de l'autorité, ou rejeter l'autorité à cause du mal ? Choisir le sacrilège, ou choisir le schisme ?

 Comment un catholique peut-il résoudre ce dilemme apparent de l'autorité ecclésiastique prescrivant le mal ?

 Au cours du temps, seulement deux explications furent essentiellement proposées :

 

    1. Paul VI, qui a promulgué la Nouvelle Messe, avait perdu l'autorité papale.

 L'argument est le suivant : Une fois que nous reconnaissons que la Nouvelle Messe est mauvaise, ou nuit aux âmes, ou détruit la foi, nous reconnaissons aussi implicitement quelque chose d'autre : Paul VI, qui a promulgué (imposé) ce mauvais rite en 1969, ne pouvait pas posséder l'autorité véritable dans l’Église à ce moment donné. Il avait perdu l'autorité papale d'une manière ou d'une autre, ou bien il ne l'avait jamais possédée.

 Comment cela aurait-il pu se produire ? La défection de la foi, selon l'enseignement d'au moins deux papes (Innocent III et Paul IV) et de presque tous les canonistes et théologiens catholiques, entraîne la perte automatique de l'autorité pontificale.

 Le mal de la Nouvelle Messe, selon cet argument, est comme une flèche lumineuse géante pointant vers les papes post-Vatican II et clignotant les mots : "Pas d'autorité papale. Ayant perdu la foi catholique."

 

   2. Paul VI possédait l'autorité papale, mais n'a pas licitement promulgué la Nouvelle Messe.

 Cette position prétend que Paul VI n'a pas suivi les formes juridiques correctes quand il a promulgué la Nouvelle Messe. La Nouvelle Messe n'est donc pas vraiment une loi universelle, et par conséquent nous ne sommes pas obligés d'obéir à la loi qui l'imposait prétendument ; l'infaillibilité de l’Église est ainsi « sauvée. »

 Cette théorie a été extrêmement populaire dans le mouvement traditionaliste dès ses débuts dans les années 1960.

 C'est vouloir le beurre et l'argent du beurre. Cet argument vous permet de "reconnaître" le pape, mais d'ignorer ses lois, de dénoncer sa Nouvelle Messe, et de garder l'ancienne Messe. Il rassure les âmes simples effrayées du schisme, qu'elles sont, malgré les apparences, toujours « loyales envers le Saint-Père. »

 J'ai traité la première position dans mon étude Traditionalists, Infallibility and the Pope. Je vais discuter ici de la deuxième position, et décrire les difficultés considérables qu'elle présente en ce qui concerne la logique, l'autorité de l’Église et le droit canon.

 

 > Lire l'étude entière en cliquant ICI (sur le site etudesantimodernistes) ou bien ci-dessous :

Réponse définitive sur le Pape Honorius

Publié le par Clément LECUYER

 Nombreux dans la 'Tradition' estiment qu'Honorius (Pape de 625 à 638) a bien et bel été hérétique et que le fait qu'un Pape puisse tomber dans l'hérésie est de l'ordre du possible au regard de la doctrine et de la foi, puisque l'histoire nous offre le cas d'Honorius.

 Beaucoup d'ouvrages et études traitent du Pape Honorius. A tel point que l'on est facilement un peu perdu. A qui faire confiance ? A quel auteur ? Et pourquoi se rapporter à telle personnalité par rapport à une autre ? Nous avons donc tenu à retravailler sur cette question en recherchant ce que les Prélats de l'Eglise ont dit. 

 Nous sommes arrivés à faire appel à une soixantaine de personnalités éminentes de l'Eglise, dont six Papes, deux docteurs de l'Eglise, huit Cardinaux, une vingtaine d'archevêques et d'évêques, une douzaine d'historiens, sans oublier d'autres prélats et théologiens.

> Lire-télécharger notre dossier (64 pages)

 

Infaillibilité : Le détournement du catéchisme de saint Pie X

Publié le par Clément LECUYER

> Article PDF à lire-télécharger en cliquant ICI

 Auteur : Nicolas Magne

Les minimalistes en matière d'infaillibilité ne sont pas rares. Nous les connaissons bien : il s'agit de ces "traditionalistes" récusant Vatican II mais non point ses pontifes, et ne craignant rien tant que de verser dans le "sédévacantisme" abhorré. Ils ont trouvé depuis long feu la solution à leurs tourments : réduire l'infaillibilité de l'Eglise en général, et celle du pape en particulier, à presque rien ("une ou deux fois par siècles" disait l'un d'eux). Et hop, le tour est joué ! Il leur devient alors loisible de pouvoir vomir sur Vatican II et ses pontifies. Tout en continuant à reconnaître, à tort, le qualificatif de papes à ces derniers.

 Et peu importe que pour ce faire on piétine allègrement la doctrine catholique !

 L'une de leurs trouvailles favorites est donc une certaine citation dudit catéchisme de saint Pie X:

« Quand est-ce que le Pape est infaillible ?
« Le Pape est infaillible seulement lorsque, en sa qualité de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit, pour être tenue par toute l’Église, une doctrine concernant la foi et les mœurs. »

 Voilà l'objet de leur détournement. Ils s'en vont fiers et contents répétant cette phrase jusqu'à plus soif, voulant croire (à tort) qu'elle leur donne raison et qu'elle dirime à elle seule toute discussion.

 Hé bien non ! Non parce qu'ils attribuent à cette réponse de catéchisme un sens et une autorité qu'elle ne possède pas.

 Concernant la référence tirée dudit "Catéchisme de saint Pie X", il convient de faire un certain nombre de précisions...

 Voici la référence en question :

« Quand est-ce que le Pape est infaillible ?
« Le Pape est infaillible seulement lorsque, en sa qualité de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit, pour être tenue par toute l’Église, une doctrine concernant la foi et les mœurs. »

Là-dessus, les "minimalistes" patentés concluent : voyez, il est certain, en raison de cette seule référence, que le Pape n'est infaillible que dans ses jugements solennels...

Cette lecture est gravement abusive...

> 1° point : Le catéchisme traite ici de la seule infaillibilité doctrinale du Pape, assistance infaillible absolue inhérente à la proposition de l'objet de la foi, lors même qu'il est également certain que le Pape jouit d'une infaillibilité pratique, assistance prudentielle infaillible, notamment dans la promulgation des lois universelles de l'Eglise.

 

Wernz-Vidal : "Les pontifes sont infaillibles dans l’élaboration de lois universelles concernant la discipline ecclésiastique, en sorte qu’elles ne peuvent jamais établir quoi que ce soit contre la foi et la morale, même si elles n’atteignent pas le suprême degré de la prudence." (Jus canonicum, Grégorienne, Rome 1923, t.2 p.410)


> 2° point : Le catéchisme ne limite nullement l'infaillibilité doctrinale du Pape aux seuls jugements solennels, mais aux cas où le Pape, parlant en tant que Pape, définit "une doctrine concernant la foi et les mœurs" et qui alors "doit être tenue par toute l'Eglise".


a) La Constitution Pastor Aeternus n'identifie nullement strictement jugements solennels du Pape et définitions ex cathedra. Les jugements solennels du Pape sont bien évidemment des définitions ex cathedra, mais il n'est nulle part signifié que les définitions ex cathedra se limitent aux seuls jugements solennels.

b) Nous savons que lorsque le Pape confirme les évêques, ils proposent ensemble infailliblement, d'une assistance infaillible absolue, l'objet de la foi, tant dans leurs jugements solennels qu'au moyen de leur magistère ordinaire et universel :
 

Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, (d 1792, fc 93, ep 341) : "On doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu écrite ou transmise par tradition, et que l’Église, soit dans un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel propose à croire comme vérité révélée."


 Voilà pour l'infaillibilité de l'Eglise hiérarchique, les évêques confirmés par le Pape.

 Or la Constitution Pastor Aeternus appuie notamment sa définition de l'infaillibilité ex cathedra du Pape sur le principe fondamental suivant : "le Pape jouit de la même infaillibilité que l'Eglise", ce qui est l'évidence même compte tenu du fait que le Pape confirme et n'est pas confirmé, l'infaillibilité de l'Eglise hiérarchique reposant sur celle du Pape.

 Par conséquent, puisque l'Eglise hiérarchique est infaillible dans ses jugements solennels, mais peut également proposer infailliblement l'objet de la foi au moyen de son magistère ordinaire, il va de soi que le Pape, seul, soit infaillible dans ses jugements solennels, mais également puisse proposer infailliblement l'objet de la foi au moyen de son magistère ordinaire.
 

Pie XI : « Le magistère de l'Eglise, établi ici-bas d'après le dessein de Dieu pour garder perpétuellement intact le dépôt des vérités révélées et en assurer la connaissance aux hommes s'exerce CHAQUE JOUR par le Pontife Romain et les évêques en communion avec lui. Mais il comporte encore toutes les fois qu'il est nécessaire pour s'opposer plus efficacement aux erreurs et aux attaques des hérétiques ou développer avec plus de clarté ou de détails certains points de la doctrine sacrée, afin de les faire mieux pénétrer dans l'esprit des fidèles, la mission de procéder par décrets à des définitions opportunes et solennelles. » (Lettre-encyclique Mortalium animos, 6 janvier 1928)

Pie XI : « Rien ne convient moins en effet à un chrétien... que de regarder l'Eglise, envoyée par Dieu cependant, pour enseigner et régir toutes les nations, comme médiocrement informée des choses présentes et de leurs aspects actuels, ou même jusqu'à n'accorder son assentiment et son obéissance qu'aux définitions plus solennelles dont nous avons parlé, comme si l'on pouvait prudemment penser que les autres définitions de l'Eglise sont entachées d'erreurs ou n'ont pas un fondement suffisant de vérité et d'honnêteté. » (Lettre-encyclique Casti Connubi, 31 janvier 1930)


> 3° point : Lecture gravement abusive enfin, parce que d'une part ledit "Catéchisme de saint Pie X", ou catéchisme de 1905, ne ressortit pas de l'exercice du magistère pontifical proprement dit, et que d'autre part la restriction qui se trouve dans le catéchisme de 1905 ne se retrouve pas dans le catéchisme de 1912.


a) Le catéchisme de 1905

« L'autre grande initiative de Pie X en matière catéchétique fut l'édition d'un nouveau catéchisme. Deux mois après l'encyclique citée [Lettre-Encyclique Acerbo nimis, 15 avril 1905], il fit imprimer, pour les diocèses de la province de Rome, un Abrégé de la doctrine chrétienne, qui sera appelé plus communément Catéchisme de Rome (ou Catéchisme romain). Cet Abrégé de la doctrine chrétienne, dans sa partie centrale, était un texte dérivé du catéchisme publié en 1765 par Mgr Michele Casati, évêque de Mondovi. [...]

« Ce Catéchisme de Rome était, selon le vœu du pape, "obligatoire pour l'enseignement public et privé dans le Diocèse de Rome" mais aussi il avait "confiance que les autres Diocèses voudront aussi l'adopter pour arriver ainsi à ce texte unique, au moins pour l'Italie, qui est dans le désir de tous (
Lettre au Cardinal Respighi, Vicaire de Rome, en date du 14 juin 1905, et qui figure en tête de toutes les éditions de cet Abrégé de la Doctrine chrétienne). De fait, il se diffusa dans toute l'Italie mais connut aussi des traductions étrangères. En France, dès 1906, l'évêque de Langres fit traduire ce catéchisme (Catéchisme de Rome ou Abrégé de la Doctrine chrétienne, Langres, éditions Martin-Berret, 1906 ; une autre édition suivra : Paris, Letthielleux, 1907. C'est cette traduction de 1906 qui a été reprise dans l'édition faite par la revue Itinéraires (n°116, septembre-octobre 1967) sous le titre Catéchisme de saint Pie X). »

Yves CHIRON, Saint Pie X, réformateur de l’Église, Courrier de Rome, 1999.

De ces quelques explications, nous pouvons retenir ceci :

- Ledit catéchisme de 1905, publié "pour les diocèses de la province de Rome", n’est pas un catéchisme de destination universelle, et ce, contrairement au Catéchisme du Concile de Trente.
- Ce faisant, saint Pie X publiant le catéchisme de 1905 agit en tant qu’Evêque d’une partie de l’Église, et non pas en tant que Souverain Pontife, dans l’exercice de son pouvoir suprême.
- Le catéchisme de 1905, contrairement au Catéchisme du Concile de Trente, ne peut donc être considéré comme un acte relevant du pouvoir de magistère du Pape sur l’Église universelle.
- L’extrait (trop souvent) excipé ne peut être considéré comme commentaire autorisé et définitif de la définition solennelle de Pastor Æternus relative à l’infaillibilité pontificale.

 

 Il faut également noter et souligner que ledit catéchisme de 1905 est lui-même un "texte dérivé" d’un catéchisme de 1765. Catéchisme de saint Pie X est donc une qualification discutable pour désigner le catéchisme de 1905.


b) Le catéchisme de 1912

"Pourtant, Pie X n'était pas entièrement satisfait de cet Abrégé de la Doctrine chrétienne [...]. L'ouvrage était trop long [...]. Son plan n'était pas sans défaut. Qui plus est, il [ne] s'adressait qu'aux enfants et aux jeunes gens, et pas aux adultes. Pour ces derniers, on l'a vu, Pie X avait dû recommander le Catéchisme du Concile de Trente. Dès 1909, le pape créa une Commission catéchétique chargée de préparer, sous ses directives, un nouveau catéchisme. [...] En 1912, enfin, parut l'édition du Catechismo della dotrina cristiana."

Yves CHIRON, Saint Pie X, réformateur de l’Église, Courrier de Rome, 1999


Là encore, retenons ceci : Saint Pie X n’était pas « entièrement satisfait » par le catéchisme de 1905.

- Ce faisant, le Pape confia à une commission créée à cet effet la rédaction d’un autre catéchisme. Nous savons également, grâce au témoignage de Mgr Faberi, membre de ladite Commission catéchétique, que "le texte fut entièrement et minutieusement examiné et corrigé" (Processus Ordinarius Romanus, II (p. 1002) ; Summarium in Positio super Virtutibus, Romæ, 1949 (p. 376). Cité in Pierre FERNESSOLE, Pie X, essai historique, t. II, Lethielleux, Paris, 1953 (p. 55). Au passage, pour Fernessole, le catéchisme de saint Pie X est le catéchisme de 1912 (abstraction faite du catéchisme de 1905)) par saint Pie X.

 "Deux versions du catéchisme furent éditées. Une version brève intitulée Premiers Eléments de la doctrines chrétienne, qu'on appellera plus simplement le Petit Catéchisme, est destinée aux enfants qui se préparent à la confession et à la première communion. [...] La version longue, intitulée Catéchisme de la doctrine chrétienne comporte 814 questions et réponses, ordonnées selon un plan qui était déjà celui du Catéchisme du Concile de Trente : I. La Foi (le Credo) ; II. La Loi (les Commandements de Dieu, les préceptes de l'Eglise, les vertus) ; III. La Grâce (les sacrements, la prière) (nous nous référons à la dernière édition italienne : Catechismo di San Pio X, Salpan Editore, Matino, 1991). 

  Pie X, en approuvant ce catéchisme, ne le rendit obligatoire que pour le diocèse de Rome et pour les diocèses de la province ecclésiastique de Rome. Mais, comme pour le précédent, il émettait le vœu que les autres diocèses d'Italie l'adoptent aussi. C'est ce qui se passa. La clarté de l'exposé autant que son ordonnance cohérente séduisirent au-delà des frontières. Dès 1913, des traductions en furent faites en espagnol, en allemand, en français (une à Paris et une autre à Annecy) et en anglais. Mais tous les pays ne l'adoptèrent pas officiellement. […]   

  Enfin, on signalera qu'en 1913 Pie X songea à réaliser un catéchisme universel, utilisé par l'ensemble de l'Eglise [...]. Déjà au Ier Concile du Vatican un projet semblable avait vu le jour, mais n'avait pas abouti à cause de la suspension du Concile."

 Yves CHIRON, Saint Pie X, réformateur de l’Église, Courrier de Rome, 1999

 

- Le catéchisme de 1912 est un autre catéchisme que celui de 1905 : son ordonnancement est différent.
- Toutefois, le catéchisme de 1912 ne jouit pas d’une autorité supérieure à celui de 1905, dans la mesure où, publiant ce nouveau catéchisme, saint Pie X agit là encore en tant qu’Evêque d’une partie de l’Église, et non pas en tant que Souverain Pontife. Ni le catéchisme de 1905, ni celui de 1912 ne peuvent être considérés comme des actes du magistère. Il en aurait été tout autrement du « catéchisme universel » projeté par saint Pie X.
- Il existe néanmoins une différence non négligeable entre les deux catéchisme : celui de 1912, contrairement à celui de 1905, est en tout et pour tout Catéchisme de saint Pie X. On pourra par conséquent à bon droit préférer le catéchisme de 1912 à celui de 1905.

 Mais revenons à notre extrait du catéchisme de 1905 relatif à l’infaillibilité pontificale, et comparons avec ce que peut nous dire le Catéchisme de saint Pie X à ce même sujet.
 

Catéchisme de 1905 :

Catéchisme de 1912 :

" Quand est-ce que le Pape est infaillible ?

" Le Pape est infaillible seulement lorsque, en sa qualité de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit, pour être tenue par toute l’Église, une doctrine concernant la foi et les mœurs. "

" Le Pape peut-il errer quand il enseigne, lui seul, les vérités révélées par Dieu ?

" Le Pape ne peut pas errer quand il enseigne, lui seul, les vérités révélées par Dieu ; il est infaillible comme l’Église, lorsque, comme Pasteur et Maître de tous les chrétiens, il définit les doctrines touchant la foi ou les mœurs."


> Conclusion : Le catéchisme de 1905 est restrictif là où le catéchisme de 1912 ne l’est pas. Si l’on veut à bon droit s’en tenir de préférence à la pensée de saint Pie X sur ce sujet, même au simple titre d’Evêque d’une partie de l’Église, on se référera au catéchisme de 1912, parce que (répétons-le encore une fois) il s’agit là à proprement parler du Catéchisme de saint Pie X.

 Où l'on voit, là encore, avec ce mythe du Catéchisme de saint Pie X qui serait restrictif et minimaliste, que les "traditionalistes" ont été abusés et s'abusent eux-mêmes à jet continu.


> Précisions :

 Concernant le Catéchisme du Concile de Trente...

- Il s'agit d'un catéchisme de destination universelle ; tel a été le dessein des Pères du Concile de Trente, qui ont ordonné la mise en œuvre d'un catéchisme pour l'Eglise universelle.
- Ledit catéchisme a été élaboré sous la direction de saint Charles Borromée, selon la décision du Pape Pie IV.
- Saint Pie V en a ordonné la publication en 1566.
 

 Que ce catéchisme ait été publié par un Pape comme étant de destination universelle, à l'initiative des Pères du Concile de Trente, voilà qui suffit à en faire un acte du magistère suprême.

 En tant qu'il est un acte du magistère suprême, ce catéchisme ne saurait aller contre la foi et les mœurs (assistance prudentielle infaillible, autrement appelée infaillibilité négative). Dans la mesure où il entend ici et là attester que telle ou telle proposition est révélée ou fondée sur la Révélation, il y a proposition infaillible de l'objet de la foi (assistance infaillible absolue, autrement appelée infaillibilité positive).

Réponse aux divagations d’Avrillé

Publié le par Clément LECUYER

 Au printemps 2001, les religieux bien connus du couvent de La Haye-aux-Bonshommes publiaient dans leur revue Le Sel de la terre (n°36) un "Petit Catéchisme du sédévacantisme" signé "Dominicus". Depuis lors, nos bonshommes n’ont cessé de remettre le couvert : nouvelle parution du "Petit Catéchisme" dans leur revue, amorce de controverse avec l’un de leurs contradicteurs (l’Abbé Ricossa), édition sous forme de brochure, complaisamment distribuée à destination du public traditionaliste, et présentée comme la réfutation prétendument savante et définitive du sédévacantisme. Avec le "Petit Catéchisme", les bons lefebvristes sont censés dormir sur leurs deux oreilles. Les bonshommes sont censés avoir terrassé le terrible sédévacantisme. 

 Et pourtant… Ce qui se voulait la réfutation savante et définitive a été elle-même décisivement réfutée par les contributions respectives des Abbés Ricossa (revue Sodalitium, n°52 et n°55, en 2002 et 2003) Zins (revue Sub tuum Praesidium, n°66 et n°112, notamment) ou Grossin. Mais bien entendu, de cela, nos bons lefebvristes n’entendront jamais ou si peu parler, car il faut, on l’a dit, que les bonnes gens puissent dormir sur leurs deux oreilles, ce pourquoi on traitera, comme d’habitude, tout cela par le silence ou par le mépris. Que la vérité et la justice ne trouvent guère leurs droits dans le traitement que lui réservent les faiseurs d’opinion de la planète lefebvriste est tout au mieux le cadet de leurs soucis. Tout ce qui compte, c’est que la supposée piétaille traditionaliste soit tenue bien à l’abri des vérités un peu trop franches sur l’état présent de l’Église par ceux qui sont censés penser pour le bon peuple "tradi".  C’est pourquoi, il n’est pas surprenant de voir ici et là, et notamment lorsque les traditionalistes s’empoignent sur internet, quelques naïfs "de tradition" agiter comme autant de fines lames (croient-ils) les épées en vérité bien émoussées forgées à Avrillé. 

 Telle a été l’occasion de ce texte : répondre à la énième remontée à la surface d’un "Petit Catéchisme" qui ne résiste pas à l’examen, et qui a déjà été maintes fois réfuté.

> Lire-télécharger la Réponse aux divagations d’Avrillé de N. Magne en cliquant ICI

Source : Milites Virginis Mariae

Papauté : Le faux argument du reniement de saint Pierre

Publié le par Clément LECUYER

 L'infaillibilité pontificale n'a jamais été aussi attaquée depuis la promulgation de ce dogme en 1870. Aujourd'hui, on entend souvent dans les rangs des catholiques dits "traditionalistes" que le premier Pape, saint Pierre, a commis un acte public d’apostasie en reniant Notre Seigneur le vendredi saint. Ainsi, pour eux, il en découle qu'il est donc possible à un Pape de renier publiquement des principes catholiques et de perdre la foi. Et hop, le tour est joué !  Le seul ennui est que rien de tout cela n'est vrai!

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"Saint Pierre a pleuré toute sa vie son reniement, il pleurait encore à l'heure de sa mort, en se ressouvenant de son péché" (sermon du saint curé d'Ars)

 

  Que ce soit dans leurs sermons ou dans leurs écrits, les prêtres de la Fraternité Saint Pie X par exemple avancent cet "argument" régulièrement :

  "Faut-il oublier que le premier Pape, saint Pierre, a renié le Christ trois fois avant que le coq chante" ( Savoir et Servir. Supplément au n° 10 publié sur le site DICI)

  Sur le site Aveclimmaculée, il est fait un parallèle entre le reniement de saint Pierre et la situation actuelle de la papauté :

"O St Pierre, souvenez-vous de cet instant de faiblesse que vous avez eu, lorsque vous avez, sous l'emprise de la peur, renié Jésus par trois fois. Actuellement le pape renie également Notre-Seigneur. Saint Pierre, nous vous aimons et nous vous suivons parce que vous avez amèrement pleuré votre péché."

 Emettre ce parallèle est une absurdité qu'il convient de rejeter avec force. Bien avant nous, certains pirates de la foi, peu enclin à reconnaître l'infaillibilité pontificale dans toute son étendue, avançaient avec une assurance ce faux exemple du "reniement de saint Pierre".

 Au XII° siècle, saint François d'Assise tentait déjà de tordre  le cou à cette idée pernicieuse  :

  "Le reniement fait par saint Pierre le jour de la Passion ne doit pas vous troubler ici, car saint Pierre n’a pas perdu la foi, mais il a seulement péché quant à la confession de la foi. La peur lui a fait désavouer ce qu’il croyait. Il croyait bien, mais il a mal parlé." (La Controverse Catholique)

 Plus tard, au XIX° siècle, le R.P Marin de Boylesve (1813-1892), jésuite, anéantit cette objection dans un de ses ouvrages :

"Le Pape est infaillible dans la foi, c'est à lui d'y affermir les autres évêques, et non aux autres évêques de l'affermir et de le rendre infaillible. Mais, peu d'heures après, Pierre a failli trois fois, il a renié son Maitre. On ne s'explique pas comment cette objection a pu être posée avec quelque sérieux. Les solutions surabondent.

reniement-de-saint-pierre.jpg

1°  Pierre alors était-il vicaire de Jésus-Christ? Était-il déjà investi de la souveraineté pontificale, et chargé d'enseigner l'Église ? Évidemment non, puisque Jésus vivait encore et se trouvait présent sur la terre. Pierre n'a pu entrer en charge qu'après l'Ascension de son divin Maître, ou du moins, et tout au plus, après l'investiture expresse que nous entendrons dans un instant.

2° ... Ce n'était certes pas comme docteur universel, mais tout à fait comme particulier et pour son compte personnel, qu'il disait: Je ne connais pas cet homme. Tremblant pour lui-même, il ne songeait pas le moins du monde à enseigner quoi que ce soit à qui que ce fût ; très peu préoccupé, en ce moment, de ce qu'il fallait ou ne fallait pas croire pour être sauvé, il n'avait devant lui que de misérables valets dont pas un n'appartenait à l'Église, qui du reste n'existait pas encore et n'était pas encore formée. Jésus avait dit, il est vrai, que cet apôtre était la pierre sur laquelle il bâtirait son Église ; mais si les matériaux de l'édifice étaient amassés, et si la première pierre était désignée, elle n'était pas encore posée, et le fondement n'était pas établi.

3° Enfin, en cette triste circonstance, la foi a-t-elle manqué à Pierre ? Voyez-vous cette table servie en gras et entourée de convives, qui tous, à l'exception le ce jeune homme, catholique mais timide, sont plus qu'indifférents à l'égard de la loi de l'abstinence. Aujourd'hui c'est vendredi. Le bon jeune homme, fort embarrassé de se trouver là, accepte ce qu'on lui offre et fait gras. Un convive qui, à son embarras même, l'a reconnu pour ce qu'il est, lui rappelle, avec un sourire légèrement railleur, que c'est vendredi. — "Monsieur, répond le jeune homme avec une apparente hardiesse, Monsieur, je ne sais ce que vous dites". — Absolument comme Simon-Pierre !  Oh ! ce n'est pas la foi qui manque à ce chrétien-là, c'est autre chose. Non, mille fois non, Pierre n'a point manqué de foi ; c'est le courage qui chez lui fit défaut.

 Or si Jésus-Christ a garanti à Pierre l'infaillibilité dans la foi. il ne lui a point promis l'impeccabilité dans la conduite et dans la parole. Placés dans des circonstances analogues, d'autres Papes pourront aussi faiblir ; mais pas un ne faillira dans sa foi et dans son enseignement pontifical. (Réponses aux principales objections contre la puissance et contre l'infaillibilité du Pape, R.P. Marin de Boylesve, 1877)

  Peu après, c'est au tour  du Père Garrigou-Lagrange, dominicain et éminent philosophe et théologien thomiste du vingtième siècle de remettre les pendules à l'heure sur ce sujet :

"Le péché de Pierre – un triple reniement du Christ au cours de Sa Passion – fut un péché contre la confession extérieure de la foi : “Je ne connais pas le Christ”. Ce ne fut pas une perte de la foi. L’Apôtre aurait perdu la foi et péché mortellement contre l’acte intérieur obligatoire de la Foi s’il avait admis ce reniement dans son cœur ou s’il avait délibérément douté d’une quelconque vérité révélée au sujet de laquelle il avait reçu une instruction suffisante. Ses imprécations et jurements extérieurs, émis sous le coup de la peur, ne sont nullement une indication que tel eût été le cas."  (Les Vertus Théologiques, R.P. Garrigou-Lagrange, Vol. 1 : Sur la Foi)

 Il y a de quoi être surpris quand de soit-disant traditionalistes se plaisent à propager allégrement des idées fausses maintes fois réfutées dans le passé, au lieu de défendre et rétablir la vérité ! 

 Ainsi donc, au regard de ce que nous enseignent ces auteurs, affirmer que "le premier Pape a renié Notre Seigneur Jésus-Christ" constitue indéniablement :

- une calomnie envers saint Pierre,

- une attaque scandaleuse contre l'institution de la Papauté,

- un argument fallacieux et pernicieux des "minimalistes" en matière d'infaillibilité qui tentent de nous faire croire que le Siège apostolique peut commettre des actes d'apostasie.

 

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 Comparer les faux "papes" de Vatican II avec saint Pierre est un abominable blasphème !

 Saint Pierre, lui, a préféré souffrir le martyre et donner sa vie pour Notre-Seigneur. Jean-Paul II et Benoît XVI, eux, ont organisé et présidé tour à tour les plus spectaculaires des apostasies à Assises où toutes les grandes religions païennes du monde s’assemblèrent pour prier leurs "dieux" aux côtés des différentes communautés "chrétiennes".

 Saint Pierre, sauvez l'Eglise !

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La bulle de Paul IV ex cathedra et irréformable : notre réponse à La Question

Publié le par Clément LECUYER

 Rien de nouveau sous le soleil pourrait-on dire. Le site La Question a attaqué de nouveau la position catholique du sédévacantisme. Se complaisant dans son libre-examen, La Question remet cette fois-ci en cause la constitution apostolique Cum ex Apostolatus Officio. Selon ce triste site, la bulle Cum ex Apostolatus Officio est un écrit de circonstance, rédigé dans des conditions critiquables n'ayant plus de valeur - ni disciplinaire, ni de principe - depuis que le Pape Pie XII a promulgué la Constitution Apostolique Vacantis Apostolicae Sedis. Pire, La Question en vient à soutenir que Pie XII a stipulé comme légitime la participation au conclave, donc l'élection à la Papauté, de prélats tombés dans l'hérésie !   

 Nous ne pouvons rester sans voix face à de telles erreurs contre l'Eglise et la Papauté. Dans ce dossier, nous allons démontrer que la doctrine - selon laquelle l'élection à la papauté d'un prélat tombé dans l'hérésie est nulle, invalide et sans valeur - dépasse le cadre du disciplinaire mais est un jugement découlant d'une doctrine concernant la foi, couvert du saut de l'infaillibilité pontificale ex cathedra et donc par nature irréformable.


"Une définition ex cathedra est un jugement absolu, définitif, garanti contre toute erreur, de soi indéformable, immuable, qu'on doit donc admettre dans le sens où il a été porté, avec une certitude absolue, une soumission pleine et entière"
(Revue pratique d'apologétique, G. Beauchesne)

 C'est en se basant sur un principe de droit divin que le Pape Paul IV a défini ex cathedra que :

"...Si jamais il advient qu’un évêque, même ayant fonction d’archevêque, de patriarche ou de primat; qu’un car­dinal de l’Église romaine, même légat; qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les car­dinaux, est nulle, invalide, vaine... Toutes leurs paroles, tous leurs faits et gestes, tous leurs actes administratifs, avec tout ce qui en découle, n'ont pas le moindre effet juridique, et ne confèrent à per­sonne le moindre droit. Ces personnes ainsi promues ou élevées se­raient, par le fait même, sans qu'il faille quelque autre déclaration ultérieure, privées de toute dignité, position, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir à la fois..."

 
Cette déclaration est maintenant bien connue mais fait toujours grincer des dents certains "traditionalistes" dont font partie les rédacteurs de La Question
. D'où notre dossier pour mettre définitivement fin aux graves erreurs de La Question.


> Sommaire de notre dossier (29 pages) :

- Première partie : Le libre examen de La Question qui juge Paul IV. Contexte historique de la promulgation de la Bulle Cum ex Apostolatus  

- Deuxième partie : La Bulle Cum ex Apostolatus : déclaration ex cathedra, irréformable et immuable 

- Troisième partie : La Bulle Cum ex Apostolatus abrogée par Pie XII ? Faux !     

1. Gravissime erreur contre la foi de La Question    
2. Quand La Question contredit le Pape Pie XII    

3. Absurdité de La Question. Un Cardinal tombé dans l'hérésie perd son office de Cardinal et ne peut donc participer à l'élection et être élu    
4. La Question contredit une loi divine    
5. Aberration de La Question qui insinue donc que le Pape nouvellement élu serait canoniquement hérétique    
6. Autre aberration de La Question qui invente une nouvelle doctrine 

- Quatrième partie : Réponses à quelques objections      

Pie XII déclare que "dès l’acceptation par l’élu de sa charge, il est immédiatement Pape authentique de droit divin"    
La Bulle de Paul IV non reprise dans le Code de Droit Canon ? 

- Annexes :     

La Bulle de Paul IV reprise dans le Code de Droit Canon de 1917    
Intervention de l'internaute Espada

Lire-télécharger notre dossier

Réfutation des erreurs de Mgr Williamson par Mgr Sanborn

Publié le par Clément LECUYER

 Nous publions la toute nouvelle traduction de la Réponse de Mgr Sanborn à Mgr Williamson. Nous remercions ici chaleureusement le traducteur de l'article qui peut être téléchargé en entier en cliquant ICI.

 Figurent dans les lignes qui suivent l'introduction et la conclusion du dossier de Mgr Sanborn:

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Mgr Williamson et Mgr Sanborn

Introduction

 Mgr Williamson a récemment publié sur son blog Kyrie Eleison une série d'articles dont le but est de réfuter le sédévacantisme. Après avoir attiré à lui les fervents antimodernistes de la Fraternité Saint Pie X, Mgr Williamson, je crois, est en train de découvrir parmi eux une certaine tendance au sédévacantisme. Certains d'entre eux sont des sédévacantistes déclarés, quoique opinionistes dans la plupart des cas. Cela signifie que, même s'ils pensent que Bergoglio n'est pas le pape, ils reconnaissent que l'opinion contraire, à savoir que Bergoglio est le pape, a des arguments probables en sa faveur. Je suis sûr que ma visite récente en Angleterre a aussi fait un peu bouger les choses. Dans cet article, je réponds à deux articles du blog de Mgr Williamson, numéros 343 du 8 février 2014, et 344 du 14 février 2014.

Conclusion

 Mgr Williamson se méprend gravement sur la nature du magistère, de l'infaillibilité de l'Église, de l'indéfectibilité de l'Église, et sur la nature du péché et du crime d'hérésie, ainsi que sur des éléments de base de la loi morale et de la loi criminelle commune. Ses théories sur le magistère rendent Mgr Williamson et ceux qui le suivent attachés à l'hérésie soutenant que le magistère ordinaire universel pourrait réellement enseigner quelque chose de contraire à la foi.

 L'erreur centrale de Mgr Williamson est qu'il sépare l'infaillibilité et l'indéfectibilité de l'Église Catholique Romaine de la hiérarchie de cette même Église, et la transfère aux fidèles cribleurs. Au contraire la force du raisonnement sédévacantiste est qu'il identifie absolument et exclusivement l'infaillibilité et l'indéfectibilité avec la hiérarchie Catholique Romaine. Par conséquent, une hiérarchie qui se trompe n'est pas une hiérarchie du tout. À Mgr Williamson, cependant, échappe une vue plus large et quelque chose qui est absolument fondamental: Vatican II et ses réformes sont-ils un changement substantiel de la Foi Catholique, ou simplement accidentel ? Posé d'une autre manière : La religion que je trouve à ma paroisse locale, tenue sous la direction et l'approbation du "pape" François, et de l'«évêque» local du Novus Ordo, est-elle la religion Catholique ? Encore d'une autre façon : Si je pratique la religion qui m'est donnée par ceux que Mgr Williamson reconnaît comme le Pape et les évêques Catholiques Romains, vais-je aller au ciel ? Cette religion plaît-elle à Dieu, ou lui déplaît-elle? Est-ce la vraie religion ou une fausse ? Si nous affirmons que la nouvelle religion est substantiellement la même que le Catholicisme d'avant Vatican II, que c'est la religion catholique, et qu'une personne peut sauver son âme en l'embrassant et en la pratiquant, alors quel besoin avons-nous du mouvement traditionnel ? Résister à ces changements serait résister à la Foi Catholique. Ce serait signer notre propre arrêt de mort éternelle.
  Si, en revanche, la nouvelle religion est une modification substantielle du Catholicisme Romain, si elle n'est pas la religion Catholique, déplaît à Dieu et conduit en enfer, alors comment pouvons-nous dire qu'elle est promulguée par une Église infaillible et indéfectible ? Mgr Williamson dans ses explications répète le verbiage standard d'Ecône pour justifier sa position consistant à reconnaître et résister. Ils veulent reconnaître la hiérarchie Novus Ordo comme la véritable hiérarchie Catholique Romaine, mais en même temps lui résister en presque tout. Ils condamnent le Concile, la Nouvelle Messe, les nouveaux sacrements. Ils disent aux gens de ne pas assister aux Messes approuvées par cette soi-disant hiérarchie Catholique Romaine. Puisque tout cela n'a absolument aucun sens selon la théologie Catholique, une nouvelle théologie devait être concoctée par Ecône pour se justifier. Je m'en rappelle. J'ai entendu toutes ces choses autrefois. J'ai entendu Mgr Lefebvre dire dans une conférence: "Le magistère de Vatican II est seulement du magistère ordinaire, qui n'est pas infaillible." À l'époque, j'y ai cru ; j'ai plus tard découvert que c'était une très grave erreur, même une hérésie, telle qu'elle se présente. Ce fut également Mgr Lefebvre qui utilisa l'analogie et le mot de filtrer le magistère et les disciplines de la hiérarchie Novus Ordo pour déterminer ce qui est Catholique et ce qui est Moderniste. La théologie d'Ecône enlève l'infaillibilité et indéfectibilité de l'Église de la hiérarchie Catholique, qui est l’Église enseignante, et la place dans les fidèles, l’Église croyante. Agir ainsi, c'est faire de l’Église Catholique l’Église Protestante, dans laquelle les individus sont inspirés par le Saint-Esprit pour trouver la vérité.
  La doctrine Catholique est que l’Église enseignante, la hiérarchie Catholique Romaine, est l'infaillible gardienne de la Tradition, et la propose infailliblement à toute l’Église. En effet, si ceci n'était pas vrai, il n'y aurait pas de Tradition à laquelle comparer Vatican II et ses réformes. Car, comme le théologien De Groot du dix-neuvième siècle dit dans son traité sur l’Église: "Quiconque sépare la garde et la préservation des traditions du magistère infaillible de l’Église, supprime l' infaillible certitude de ces traditions à l'égard des hommes".  Ironiquement, et Mgr Williamson et Hans Küng séparent la garde et la préservation des traditions de la hiérarchie de l'Église Catholique. Bien que certainement Mgr Williamson ne veut rien avoir à faire avec l'hérésie, néanmoins, par sa théologie d'Ecône, il se retrouve voisin de palier avec Hans Küng.

La question du Pape : “Juste une opinion” ?

Publié le par Clément LECUYER

  Nous publions la récente traduction d'un article de Mgr Sanborn très éclairant sur le relativisme de certains prêtres et laïcs sur la question du Pape. Ce document de l'évêque américain permet d'appuyer et compléter ce que nous avons voulu souligner lors de notre dernier article Réponse à l'abbé Rioult concernant certains points essentiels

La question du Pape : “Juste une opinion” ?
 

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LA VACANCE du Siège Apostolique, la non-papauté de François I ainsi que de Benoît XVI, Jean Paul II, Jean Paul I, Paul VI et même Jean XXIII est un problème qui a, plus que tout autre, divisé les traditionnalistes ces cinquante dernières années.

Parmi ceux qui ont choisi la voie de la résistance aux réformes de Vatican II, la majorité professe être sédépleiniste, c’est-à-dire qu’ils tiennent que François I est véritablement le Pontife Romain. Ils suivent ainsi la direction de la Fraternité Saint Pie X. D’autres, une minorité, mais non insignifiante, sont sédévacantistes, c’est-à-dire qu’ils disent que François I n’est pas véritablement Pontife Romain, pas plus que ses prédécesseurs de Vatican II.

Cette différence de position théologique est cause d’une angoisse universelle chez ceux qui résistent à Vatican II. Chaque côté proclame que c’est son point de vue qui est le bon, et qu’il est véritablement nécessaire pour rester catholique. Chaque côté accuse l’autre d’être schismatique.

A l’automne 1979, Mgr Lefebvre publia un communiqué dans lequel il déclarait qu’il ne tolèrerait pas dans la Fraternité Saint Pie X ceux qui refuseraient de nommer Jean Paul II au canon de la Messe. En Europe, il renvoya un certain nombre de prêtres qui refusaient d’observer la règle. Au printemps 1980, il vint en Amérique avec le même programme : renvoyer ceux qui ne nommaient pas Jean Paul II au canon.

Cependant, au cours des négociations avec les prêtres étatsuniens, Mgr Lefebvre parvint à un compromis particulier. Il ne renverrait pas les prêtres de la Fraternité Saint Pie X, si ceux-ci étaient d’accord pour garder secret leur sédévacantisme. Ils pourraient ne pas nommer Jean Paul II au canon aussi longtemps qu’ils ne rendraient pas cela public. L’Opinionisme était né. L’archevêque lui-même formulerait le principe fondamental de l’opinionisme : « Je ne dis pas que le pape n’est pas pape, mais je ne dis pas qu’on ne peut pas dire que le pape n’est pas le pape ».

Le but de cet article est d’examiner l’opinionisme, et de juger s’il est légitime de le professer. L’identité du Pontife Romain peut-elle être matière à opinion ?

Sommaire :

I. Qu’est-ce qu’une opinion ?
II. Qu’est-ce qu’une opinion théologique ?
III. Cinq erreurs de l’opinionisme
- ERREUR 1  : L’opinionisme met l’identité du Pontife Romain, c’est-à-dire, Bergoglio est le Vicaire du Christ ou non, dans le domaine de l’“opinion théologique”.
- ERREUR 2 : L’opinionisme ramène la question de l’identité du Pontife Romain à une simple opinion théologique, comme s’il s’agissait d’une discussion entre théologiens à propos du sexe des anges. C’est comme si la question de l’identité du Pontife Romain n’avait d’effets ni dogmatiques ni moraux.
- ERREUR 3 : L’opinionisme confond conclusion théologique et opinion théologique.
- ERREUR 4 : Quelqu’un peut être libre de tenir que Bergoglio est ou n’est pas pape pour la seule raison que l’Eglise n’a rien dit à ce propos.
- ERREUR 5 : Aucune position n’est contre la Foi.
IV. Une objection : Et si vous avez un doute sur la papauté de Bergoglio ?
V. L’hypocrisie de la FSSPX

VI. Résumé et conclusion

> Pour lire l'article en entier, téléchargez le document (fichier PDF)

Citons le résumé et la conclusion de Mgr Sanborn :

A mon avis, l’opinionisme trouve ses racines dans l’indifférentisme vis-à-vis du Pontife Romain. Les opinionistes veulent vivre dans un monde de messe traditionnelle et de sacrements sans aucune référence au Pontife Romain.

Pour eux, dans l’ordre pratique, que Bergoglio soit pape ou non n’a pas d’importance. Ils assistent à la messe de n’importe quel prêtre du moment qu’il dit la messe traditionnelle, sans prêter attention à son rapport au Pontife Romain.

Une telle attitude est extrêmement dangereuse. Elle revient à retrancher le Pontife Romain du Catholicisme, et réduit notre adhésion à la Foi traditionnelle constituant un libre examen protestant. Il y a eu des moments dans l’histoire de l’Eglise où, pour être catholique, il fallait être sédévacantiste. Je fais référence à l’interrègne chaque fois qu’un pape meurt, ce qui a pu durer jusqu’à trois ans. Si un catholique venait à reconnaître un pape durant la vacance du Siège Romain, il aurait été schismatique. De même, un catholique serait schismatique s’il ne reconnaissait pas un pape véritablement régnant. Ainsi, dans cette situation, soit les sédépleinistes soit les sédévacantistes sont schismatiques. L’un exclut l’autre.

Mais ces deux systèmes opposés ne peuvent pas tous les deux être considérés comme des “opinions théologiques légitimes”.

Réponse à l'abbé Rioult concernant certains points essentiels

Publié le par Clément LECUYER

 Il y a quelques mois, plusieurs prêtres français étaient renvoyés de la FSSPX pour avoir osé remettre en cause la politique libérale de Mgr Fellay envers le Vatican. Parmi eux figure Mr l'abbé Rioult, qui, tout à son honneur, est devenu depuis non una cum. Malheureusement, il apparaît que de nombreuses erreurs subsistent encore dans son discours. Récemment interviewé à Paris, le 6 octobre 2013, nous pensons qu'il est utile de revenir sur certains points avancés par ce prêtre d'autant plus qu'il a assuré de façon épisodique l'aumônerie des religieuses de Crézan.

- Pélage : L’église conciliaire semble avoir fait des grands pas en avant avec François et avec sa vitesse et originalité ; il est difficile de dire où elle en sera demain. Si Mgr Lefebvre l’a déclaré schismatique (l’église conciliaire) mais reconnaissait quand même l’autorité de ceux qui se trouvent à sa tête, n’est-il peut-être pas temps de déclarer ses chefs comme dépourvus de toute autorité catholique ?
- Abbé Rioult : Pour moi c’est de l’ordre de l’opinion. Je ne sais pas ce qu’il est réellement ce François. Ce dont je suis certain, c’est que je ne suis pas en communion avec lui. Ce sont des faits publiques qui me donnent cette résolution pratique du problème : je peux conclure, je dois conclure ainsi. Mais je n’ai pas les compétences théologiques et encore moins l’autorité pour dire avec certitude que cette personne est ceci ou cela. Là, c’est ma faiblesse, je suis limité, je ne suis pas un grand théologien, voilà ! Et l’histoire de l’Eglise et la théologie montrent que l’Eglise a vécu pendant des siècles avec des opinions théologiques qui ont été incompatibles entre elles (sur la grâce, sur d’autres problèmes théologiques), pendant des siècles, tant qu’il n’y avait pas un jugement définitif et autorisé de l’Eglise. L’Eglise a vécu avec des opinions théologiques contradictoires. Eh bien je pense qu’aujourd’hui nous vivons le mystère d’iniquité et il faut avoir cette charité nécessaire et même cette humilité intellectuelle d’accepter diverses explications tant que l’Eglise n’aura pas tranché avec autorité. Acceptons les opinions même si elles sont contradictoires mais que cela n’empêche pas la dispute théologique et de montrer les faiblesses de tel ou tel argument.

1. Première erreur : "C'est de l'ordre de l'opinion"

a/ La position du sédévacantisme est-elle une opinion ou relève-t-elle d'une conclusion théologiquement certaine ?

Le "sédévacantisme" s'appuie sur deux raisonnements. Cette position ne peut être remis en question car elle découle directement de la doctrine catholique et du magistère infaillible de l'Eglise : 

 1. L'infaillibilité pontificale

- Majeure :  Depuis Vatican II, ceux qui nous sont présentés comme Papes enseignent publiquement l'hérésie et s'opposent aux fondements de la religion catholique.
- Mineure : Or, un Pape ne peut pas dévier de la foi. Ceci un dogme de foi enseigné par Notre Seigneur et bien évidemment par les Papes et l'ensemble des docteurs de l'Eglise.

- Conclusion : Par conséquent, Paul VI, Jean-Paul I°, Jean-Paul II,  Benoît XVI et François ne peuvent pas êtres des Papes de l'Eglise catholique.
> Plus de précisions ICI
  

2.  La soumission des fidèles catholiques au Pape

- Majeure : La foi nous commande de rejeter l'enseignement, les réformes et les hérésies des "papes" conciliaires.
- Mineure : Or, il est nécessaire et obligatoire de la part d'un fidèle catholique d'obéir et d'être soumis au Pape quand ce dernier est dans son domaine. Ceci est de foi divine et catholique.

- Conclusion : il est donc absolument certain que les "papes" de Vatican II sont démunis de l'Autorité Pontificale qu'ils devraient posséder.
> Plus de précisions ICI

b/ Est-ce important de savoir si François est Pape ? N'est-ce pas plutôt une opinion libre?

Citons Mgr Sanborn :

La question de la papauté de Benoît XVI n'est-elle pas une simple question d'opinion ?

"Absolument pas. Notre salut éternel dépend de notre soumission au Pontife romain. Par conséquent, la question de la papauté de Benoît XVI est d'une importance suprême, et nous devons apaiser nos consciences à ce sujet d'une façon ou d'une autre. Si nous concluons que le Concile Vatican II est en contradiction avec l'enseignement de l'Eglise, alors nous devons refuser de reconnaître Benoît XVI comme vrai Pape. En revanche, si nous concluons que l'enseignement de Vatican II ne constitue pas une modification substantielle de la Foi catholique, alors nous devons reconnaître Benoît XVI comme un vrai Pape et suivre ce qu'il nous ordonne de faire. Un catholique qui ne se soucie pas de savoir s'il est ou non Pape n'a pas du tout l'esprit catholique. Au contraire, c'est un état esprit de schisme et de rejet de l'autorité. Durant le Grand Schisme d’Occident, pendant lequel il y a eu trois prétendants au trône pontifical, Saint Vincent Ferrier a condamné ceux qui étaient indifférents quant à savoir qui était le vrai Pape."

Mgr Sanborn ici n'invente rien mais se réfère au magistère de l'Eglise catholique :

  • Boniface VIII :

"Nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu'il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d'être soumise au pontife romain." (Bulle Unam Sanctam)

  • Pie XI :

"Personne ne se trouve et personne ne demeure dans cette unique Eglise du Christ, à moins de reconnaître et d’accepter, avec obéissance, l’autorité et la puissance de Pierre et de ses légitimes successeurs." (Mortalium animos, 1928

  • Pie XII :

 "C’est pourquoi nul ne sera sauvé si, sachant que l’Eglise a été divinement instituée par le Christ, il n’accepte pas cependant de se soumettre à l’Eglise ou refuse l’obéissance au Pontife romain, vicaire du Christ sur terre”. (Lettre du Saint-Office à l’Evêque de Boston, DS 3867

2. Deuxième erreur : "Nous ne sommes pas l'autorité donc nous ne pouvons rien affirmer"

 Une chose est d'avoir le pouvoir de dire que les "papes" d'après Vatican II ne sont pas de vrais Papes et une autre chose est d'être obligé, pour garder la foi, de constater qu'ils n'ont pas l'autorité pontificale.

 Évidemment, ce n'est pas à des membres de l'Eglise enseignée de prétendre constater publiquement, avec toute l'autorité requise, la vacance du Saint-Siège.

 Les "sédévacantistes" n'entendent que constater - d'une constatation qui est un jugement privé - qu'aucun des "papes de Vatican II" ne peut être pape en réalité et devant Dieu, car ce que font les "papes de Vatican II", aucun pape ne peut le faire : ni promulguer les Constitutions, Décrets et Déclarations de Vatican II et en maintenir les enseignements qui s'opposent à des jugements du magistère infaillible, ni promulguer et maintenir la "nouvelle messe" qui s'oppose "en général et dans le détail" à l'enseignement du Concile de Trente.

 Contrairement à ce que dit l'abbé Rioult, il n'est pas utile d'avoir de grandes compétences théologiques pour constater tout ceci et porter la conclusion logique qui s'impose au regard des faits et de la doctrine traditionnelle catholique.    Ainsi, l'abbé Rioult a tout à fait la faculté et même le devoir de remettre en cause, d'un jugement privé,  la fonction, l'autorité et le respect des Pasteurs incriminés. C'est la foi qui nous le commande.


"Oui, il est permis et même commandé aux fidèles d’indiquer la raison de leur foi, de tirer les conséquences de celle-ci, de lui trouver des applications, d’en tirer des parallèles et des analogies. Le laïc fidèle a la faculté de faire tout cela, et il l’a d’ailleurs fait à toutes époques sous les applaudissements de l’Église." (Don Felix Sarda y Salavany)  

  Encore une fois, les "sédévacantistes" n'entendent pas se substituer à ceux qui ont pouvoir sur l'élection et encore moins à l'Eglise enseignante pour porter un jugement autorisé et public sur les "papes de Vatican II", mais porter tout au plus un jugement privé dans ce domaine.  

 Redonnons la parole à Mgr Sanborn :

Avons-nous le pouvoir de dire que ces Papes de Vatican II ne sont pas vrais Papes ?

"Nous n'avons pas le pouvoir de le déclarer légalement. Mais d'autre part, en tant que Catholiques, nous avons l'obligation de comparer ce qui est enseigné par le Concile Vatican II avec l'enseignement de l'Église Catholique. La vertu de Foi exige que nous le fassions, car la Foi est la sagesse surnaturelle et par conséquent demande que tout soit en conformité avec elle. Si nous n'avions pas fait cette comparaison, nous n'aurions pas la vertu de Foi. Si nous constatons que les enseignements de Vatican II ne sont pas en conformité avec l'enseignement de la Foi Catholique, nous sommes obligés de rejeter Vatican II, et obligés de conclure que ceux qui le promulguent n'ont pas l'autorité du Christ. Sinon, notre adhésion à l'erreur qui est contraire à la Foi serait la ruine de la vertu en nous, et nous deviendrions hérétiques. De même, si l'on accepterait l'idée que l'Eglise Catholique a été en mesure de promulguer de fausses doctrines, un mauvais culte et de mauvaises disciplines, nous serions hérétiques. Donc, conclure en privé que Benoît XVI est un hérétique, voire un apostat de la Foi, n'est pas « juger » le Pape au sens où il faut entendre des canonistes et des théologiens.
En fait, si l'on ne pouvait même pas penser à la possibilité que le Pape est un hérétique, alors pourquoi de nombreux théologiens parlent-ils de cette possibilité et de ses conséquences ?"

> Lire notre article : Réfutation concernant la supposée usurpation d'autorité de la position "sédévacantiste"

http://iamachild.files.wordpress.com/2011/05/cristo-ferito-dalle-bombe.jpg?w=498&h=561 Quant aux divergences théologiques qui ont existé au cours de l'histoire de l'Eglise, Mr l'abbé Rioult fait fausse route en les évoquant pour  justifier sa position.  

 Certes, l'histoire de l'Eglise nous offre de nombreux exemples de points de vue théologiques différents ; la controverse la plus célèbre reste la confrontation musclée entre dominicains et jésuites concernant la grâce. Tout en rappelant que l'unité dans la foi était l'essentiel, l'autorité de l'Eglise a toujours relativisé ces "divisions" de théologiens et a même parfois rappelé à l'ordre les esprits belliqueux.Car il s'agissait d'opinions théologiques secondaires alors qu'aujourd'hui, nous sommes confrontés à des faits venant s'opposer directement aux dogmes et aux principes de la foi, condamnés magistère infaillible de l'Eglise. Il ne peut donc y avoir de comparaison possible.

3. Troisième erreur : Messes una cum ou non una cum ? Il y a peu d'importance affirme l'abbé Rioult. L'importance est le combat antimoderniste.

-  Pélage : Autrefois on voyait des sédévacantistes déclarés à côté de ceux qui reconnaissaient l’autorité de Paul VI, tous menant la guerre contre les modernistes. Je parle surtout des années 1960 et 1970... En outre nous avons pu entendre l’abbé Grossin (source) et l’association mexicaine Trento (source) proposer la collaboration avec les prêtres de la Fraternité en désaccord avec la direction de celle-ci et voulant toujours mener le combat contre l’église conciliaire. Pensez-vous une telle collaboration souhaitable ? Possible ?

- Abbé Rioult :"Tout à fait. Je pense qu’il serait bon qu’on retrouve cette liberté d’opinion, et cette collaboration entre toutes les forces catholiques.
De même qu’il est dommage que des sédévancantistes refusent la communion avec les una cum qui ont la foi et qui luttent contre les modernistes, de même il est injuste que les una cum (dont la FSSPX officielle) excommunient concrètement les prêtres non una cum dont l’opinion n’est rien moins que théologique. Le problème est unique et aucune théologie n’en a vraiment traité. Il ne s’agit pas de savoir si le pape hérétique reste pape. Nous sommes face à un problème d’une toute autre envergure : l’apostasie de l’Eglise romaine prédite par saint Paul et enseignée par saint Thomas !"

En premier lieu, laissons répondre Mr l'abbé Grossin qui est cité par "Pelage" :

"Je n'ai jamais écrit que je proposais une collaboration entre prêtres "una cum" et prêtres "non una cum". J'ai proposé de recueillir les prêtres renvoyés, chez moi, s'ils n'avaient pas de maison où aller. Je suis ouvert à la discussion avec eux, mais je ne mets pas du tout la question du pape et de la messe "una cum" au rang des opinions. Ce n'est pas une opinion, c'est une conclusion théologique certaine, ce qui est beaucoup plus fort et contraignant sans être pour autant un dogme défini, évidemment !

M. l'abbé Rioult n'a pas compris que citer un hérétique notoire au Canon de la Messe est un acte sacrilège. On ne peut pas approuver ceux qui font des sacrilèges publics et encore moins communier à leur sacrilège. Ce n'est pas une question d'opinion." 

  Il est évident que la question des messes una cum ou non una cum est essentielle et primordiale : Que Notre-Seigneur soit blasphémé en étant associé au canon de la Messe avec un antichrist, chef d'une nouvelle religion anticatholique, n'est pas un "point de détail" !

 Comment peut-on résister d'un côté contre le modernisme et de l'autre être unis avec les modernistes au sein même du saint Sacrifice de la Messe, qui est "la somme et le centre de la religion chrétienne" (Pie XII, encyclique Mediator Dei) ?  Il ne peut y avoir de collaboration entre prêtres et fidèles una cum et non una cum ; on ne peut s'allier avec des gens qui sont, selon les dires de saint Alphonse de Liguori,  "la peste et la ruine de l'Eglise [en prétendant et voulant] que le Pasteur suprême puisse errer dans ses jugements en matière de foi."

 Nous invitons tous nos lecteurs à prier pour Mr l'abbé Rioult pour que le Saint-Esprit éclaire ce prêtre qui a eu le mérite, soulignons-le, de s'arracher aux griffes de la Fraternité saint Pie X.

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Le Conclave n'est pas infaillible

Publié le par Clément LECUYER

 Comme l'écrivait en 2002 M. l'abbé Ricossa dans sa revue Sodalitium (n° 52), beaucoup de gens  - dont les administrateurs du site La Question - croient à tort que c’est le Saint-Esprit qui garantit l’élection d'un Pape en inspirant les cardinaux, ce pour quoi l’élu du Conclave serait choisi directement par Dieu. Tout d'abord, on ne retrouve rien de tel dans les actes du magistère catholique. Au contraire, le cardinal Journet rappelle que, lorsqu’on parle de sainteté de l’élection papale  :

On ne veut pas dire par ces mots que l’élection du pape se fait toujours par une infaillible assistance puisqu’il est des cas où l’élection est invalide, où elle demeure douteuse, où elle reste donc en suspens. On ne veut pas dire non plus que le meilleur sujet soit nécessairement choisi. On veut dire que, si l’élection est faite validement (ce qui, en soi, est toujours un bienfait), même quand elle résulterait d’intrigues et d’interventions regrettables (mais alors ce qui est péché reste péché devant Dieu), on est certain que l’Esprit Saint qui, par-delà les papes, veille d’une manière spéciale sur son Eglise, utilisant non seulement le bien, mais encore le mal qu’ils peuvent faire, n’a pu vouloir, ou du moins permettre cette élection que pour des fins spirituelles, dont la bonté ou bien se manifestera parfois sans tarder dans le cours de l’histoire, ou bien sera gardée secrète jusqu’à la révélation du dernier jour. Mais ce sont là des mystères dans lesquels la foi seule peut pénétrer” ( L'Eglise du verbe incarné - pp. 978-979).

 Qui plus est, comment peut-on évoquer une quelconque infaillibilité du Conclave alors que  le Concile Vatican I définit  que l'infaillibilité du magistère ordinaire universel des évêques  est possible uniquement si ces derniers sont en union avec le Pape régnant. Or, en cas de Conclave, du fait de l'absence de Pape, aucune autorité humaine ne détient une quelconque infaillibilité.  Seul le pape est autorité suprême dans l’Eglise et possède juridiction sur l’Eglise universelle. Les évêques participent à cette autorité suprême dans la seule mesure où le pape les en fait participer.

 Affirmer le contraire revient à adhérer à la doctrine de Vatican II sur la collégialité qui affirme que le sujet de l’autorité suprême dans l’Eglise est le collège des évêques avec le Pape. Ceci est contraire à la doctrine définie par les Conciles de Florence et de Vatican  I.

 Enfin, si un Conclave est infaillible, comment peut-on expliquer le fait que le Pape Paul IV ait décrété et défini ex cathedra que "si jamais il advient qu'un évêque, [...] qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les car­dinaux, est NULLE, INVALIDE, VAINE... " (Constitution apostolique Cum ex apostolatus) ? Il y a manifestement contradiction ! Si les cardinaux étaient infaillibles dans leur choix, il est strictement inconcevable qu’ils puissent hypothétiquement élire, comme  le stipule Paul IV, un hérétique. Certains répondront que la bulle de Paul IV, reprise par Saint Pie V, n'a plus de valeur juridique. Rien n'est moins certain. Mais la question n’est pas de savoir si la législation de Paul IV est ou non toujours en vigueur car quoi qu'il en soit, la Bulle de Paul IV est certainement valable en tant que principe et garde sa valeur magistérielle.

 Nous pouvons tenir le même raisonnement quant à une  déclaration du Pape Jules II : 

"Est absolument nulle l'élection qui serait faite par simonie, même si elle résulte du consentement de tous les cardinaux ; l'élu perd pour toujours charges et bénéfices même antérieurs, y compris le cardinalat.  Cette élection n'est validée,  ni par l'obédience et l'hommage des cardinaux, ni par la prescription qui résulte d'un temps notable."  (Bulle Cum tam divino du 14 janvier 1503)

 Ainsi, il est absolument faux et absurde de prétendre que l'élection du Pape par les cardinaux relève de l'infaillibilité de l'Eglise. Le grand schisme d'Occident et les conclaves à partir de Vatican II en sont  d'ailleurs l'illustration.

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